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The Pirate Bay Away From Keyboard

L’Internet libre est-il encore d’actualité ?

Le Web: une mine d’informations accessibles à tous. Encore que… Même si le libre accès aux informations et la liberté d’expression sont inscrites dans la loi fondamentale outre-Rhin, ces deux principes sont fortement entravés sur la Toile.

Des restrictions que l’on ne rencontre pas uniquement dans les dictatures, où il va de soi que la censure et la surveillance sont de mise. En Allemagne aussi, les internautes ne disposent pas (plus ?) d’un réseau totalement libre : des résultats de recherche sont masqués, des posts de blogs sont supprimés, des vidéos bloquées. Google est à la pointe de cette tendance. Ce moteur de recherche censé ouvrir une porte donnant sur toutes les informations possibles, filtre de plus en plus : des sites Web sont exclus des résultats de recherche ou remisés en bas des listes.

Dans la plupart des cas, Google n’agit pas de son propre chef mais sous la contrainte, réagissant à des plaintes. L’an passé, le géant des moteurs de recherche a dû traiter 50 millions de requêtes. En tête du palmarès, les violations du droit d’auteur signalées par des maisons de disques, des studios de cinéma ou des éditeurs de logiciels. Pour être sûr de ne pas avoir d’ennuis, Google bloque par précaution. Résultat des courses : un grand nombre de pages, forums ou blogs n’apparaissent plus dans les résultats de recherche, même s’ils n’ont rien à se reprocher.

Les entreprises ne sont pas seules à œuvrer pour la fermeture de certains sites. Les gouvernements sont aussi à la manœuvre. Dans son rapport sur la transparence, Google a listé le nombre de requêtes par pays ( transparency report). Un rapport strictement statistique qui n’indique toutefois pas ce que les pays en question souhaitent voir effacé. Si l’on en croit Google, les demandes émanant des autorités allemandes ont augmenté de 140 % l’an passé. Une chose est sûre, Google n’est plus en mesure de fournir des résultats de recherche réellement neutres.

Twitter aussi censure depuis l’an dernier ses utilisateurs dans certains pays. Pour des raisons juridiques, avance le réseau. En Allemagne, la censure vise ainsi les tweets contenant des propos nazis. Mais le blocage est sélectif, car dans d’autres pays, ces messages peuvent être lus. De toute évidence, Twitter veut éviter d’être fermé dans certains pays. Certains y voient aussi une démarche économique pour se rapprocher de la Chine. En effet, là-bas, le réseau de babillage demeure interdit car récemment encore, il se refusait à pratiquer la censure. D’où l’importance de Twitter pour le Printemps arabe. Les opposants pouvaient communiquer entre eux sans craindre la censure. A présent, Twitter décide au cas par cas si un message sera supprimé. Entre autres pour des raisons politiques.

Ces dernières années, le débat sur la liberté du Net opposée au droit d’auteur a également été alimenté par des initiatives politiques, en première ligne SOPA et ACTA.

Le projet de loi SOPA, Stop Online Piracy Act, devait octroyer plus de droits à la justice américaine dans sa lutte contre la violation des droits d’auteur. Il aurait pu obliger les fournisseurs d’accès à Internet à empêcher l’accès aux pages ayant pour but de diffuser des contenus protégés par le droit d’auteur américain. Le simple fait de proposer un lien vers une page aux contenus illégaux aurait pu être critique. Il aurait même pu être possible de fermer des blogs dont les posts auraient contenu ce type de liens. Le projet SOPA aurait permis de viser non seulement les sites de partage, mais aussi les sites parfaitement légaux.

Après de vives protestations, entre autres de la part des géants du Web comme Google ou Wikipedia, le gouvernement américain a finalement abandonné le projet Stop Online Piracy Act.

Le projet ACTA – Anti-Counterfeiting-Trade-Agreement – devait lui aussi permettre d’intervenir contre les violations du droit d’auteur et les contrefaçons. L’accord était surtout défendu par les Etats-Unis et l’Union européenne. ACTA était censé mettre en place des normes mondiales pour protéger la propriété intellectuelle. En d’autres termes, celui qui télécharge illégalement un album doit s’attendre aux même poursuites, où qu’il soit dans le monde. Par ailleurs, les fournisseurs d’accès à Internet devaient être responsables du comportement de leurs clients et auraient dû assumer leurs actes illégaux. Indirectement, cela revenait à demander aux fournisseurs de surveiller l’activité de leurs clients sur la Toile et, éventuellement, de leur en bloquer l’accès.

C’est surtout ce point qui a poussé des milliers de personnes dans les rues pour manifester contre ACTA : ils voyaient dans ce projet d’accord un coup porté à des droits fondamentaux comme le respect de la vie privée ou la liberté d’information et d’opinion. Au bout du compte, le Parlement européen a rejeté ACTA.

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